lorsque les mots se découvrent, on a le sentiment d'avoir
traversé une zone confuse de l'esprit, comme quand, soudain
soufflé par le vent, le brouillard se dissipe, et que l'on aperçoit,
désormais en plein soleil, les objets quotidiens qui nous avaient
été retirés, ici, notre main, là, une pomme ou un morceau de
pain, et de se retrouver alors placé sur le chemin qui toujours
nous précédait – comprenant enfin ce que l'on avait cherché
jusqu'ici à nous dire, de plusieurs façons, toutes autant inutiles